Laser et lampe flash en institut : les dermatologues réagissent

Le Syndicat National des Dermato-Vénérologues se mobilise par voie de communiqué de presse et s'insurge sur les risques liés la prolifération des appareils à rayonnements optiques dans les centres de beauté (lasers, lampes flash, diodes électroluminescentes).


© Epilation-depilation.com : épilation laser et à la lampe flash en institut
Selon le Syndicat, la réglementation sur les lasers, traditionnellement réservée aux médecins, est peu appliquée en France et de nouveaux appareils tout aussi puissants échappent à la réglementation, permettant ainsi leur utilisation par les instituts et les esthéticiennes hors de tout contrôle médical.

« Ces instruments sont des dispositifs médicaux », souligne Serge Mordon, membre de la Société Francophone des Lasers Médicaux et Directeur de recherche à l’Inserm. « Ils ont des actions thérapeutiques sur les cellules et les tissus et doivent être réservés aux médecins. Les prochains appareils pourront délivrer l’équivalent de 300 fois la lumière du soleil à midi. Va-t-on les laisser en vente libre ? » demande-t-il.

Pour Hugues Cartier, dermatologue et membre du Groupe Laser au sein de la Société Française de Dermatologie, « le diagnostic est une condition préalable à toute utilisation d’un appareil à rayonnement optique. C’est une question de santé publique : peut-on laisser des non-médecins brûler des taches dont ils ne savent pas si elles sont bénignes ou cancéreuses ? »

Sur le plan réglementaire, il existe actuellement un vide juridique qui a de nombreuses conséquences. « Faute d’un classement en tant que dispositif médical, des appareils circulent en France sans avoir été testé par un laboratoire indépendant, sans indication médicale précise, sans analyse clinique et sans contrôle régulier de leurs performances. Tous ces manques peuvent avoir des conséquences pour la sécurité et la santé tant des opérateurs non-formés que des personnes exposées » souligne Raphaël Gouerne, consultant spécialisé en radioprotection.

En 2001, la Commission de la Sécurité des Consommateurs avait déjà rendu un avis appelant à renforcer la réglementation et les contrôles. Le Syndicat National des Dermatologues et Vénéréologues va donc demander à nouveau aux autorités de santé de prendre des mesures adaptées à l’évolution des technologies pour garantir la santé des patients et la sécurité des consommateurs.



           




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